Chemin de vie

Celle qui avance lentement

Aux yeux du Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de ses promesses.

1 Pierre 3,8

As-tu parfois le sentiment d’être à l’arrêt dans ta vie? Ce sentiment que les choses n’avancent pas, ou du moins pas à la vitesse que tu aimerais, tu le connais?
Alors que nous sommes tous confinés chez nous par une crise sanitaire, il y a beaucoup de choses qui doivent être annulées, reportées, adaptées. Et ces changements de rythme peuvent être difficiles à accepter. Et si Dieu avait quelque chose à nous apprendre de tout ça?

Et si nous nous accordions au rythme de Dieu?

Ce matin je me suis levée tôt et le soleil commence juste à éclairer la façade de l’immeuble en face de ma fenêtre. Assise dans mon canapé je regarde la lumière progresser lentement sur la façade. J’essaie de fixer la limite de l’ombre pour la voir bouger, mais ce mouvement est trop lent pour que j’arrive à le percevoir.
Mes yeux se posent alors sur mon cactus, qui a bien grandi en quelques jours. Pourtant, chaque fois que je le regarde il semble immobile.

Dans un monde où tout va très vite, voir une chose grandir aussi lentement est à la fois déroutant et rassurant, tu ne trouves pas?

Je pense à de nombreuses périodes de ma vie où j’étais immobile à mes propres yeux

Tu sais, ce moment où tout semble bloqué, où rien n’avance.
Une trop grande charge de travail qui m’écrase.
Une relation conflictuelle qui m’étouffe.
Une opportunité professionnelle qui se ferme.
Des sentiments amoureux non partagés qui blessent mon coeur.
Une mauvaise habitude dont je n’arrive pas à me débarasser et qui m’épuise.

C’est douloureux de faire du sur-place, quand on a envie d’aller de l’avant, quand on a des projets plein la tête. Alors on met des choses en place, on se fixe des objectifs, et quand on réalise que ce n’est pas entre nos mains, on se retrouve à genoux à demander à Dieu de nous sortir de cette mauvaise passe. J’ai prié parfois pendant des année pour des situations bloquées dans ma vie, sans aucun résultat apparent. C’est long, ça fait mal.

Je pense à chacune de ces personnes qui semblent immobiles autour de moi

Celui qui ne trouve pas de travail.
Celle qui porte de lourdes blessures de son passé.
Celui qui est si proche d’inviter Dieu dans sa vie mais qui ne franchit pas le pas.
Celle qui est malade.
Ceux qui n’arrivent pas à avoir un enfant.

Parfois c’est décourageant de voir les gens qu’on aime dans de telles situations. On a envie de les pousser, de les secouer, de les amener à la prochaine étape. Alors on passe du temps dans la prière, on supplie Dieu d’intervenir dans leur vie. On peut prier fidèlement pendant des semaines, des mois, des années peut-être! Et parfois on ne voit rien arriver.

Ce n’est pas parce qu’on ne voit rien qu’il ne se passe rien

Tout à l’heure quand je fixais mon cactus, ou le soleil, je n’ai pas réussi à les voir pousser. Et pourtant, je sais qu’ils sont en mouvement. Dieu travaille dans nos vie de façon aussi subtile et puissante que dans l’obscurité de la graine qui se prépare à germer. Et même si la situation n’a pas l’air différente, Dieu change nos coeurs à travers nos circonstances. Dieu change nos coeurs à travers la prière. Dieu change nos coeurs par l’attente de la réponse.
Cette semaine une amie me rappelait ce proverbe: Quand un arbre tombe, on l’entend. Quand la forêt pousse, pas un bruit. Les temps d’immobilité, d’épreuve, d’attente, peuvent être aussi des périodes de croissance silencieuse.

Et puis un jour, peut-être, vient la délivrance

Dans certains cas c’est très clair: la porte s’ouvre et c’est terminé. Mais souvent je réalise que les choses se sont mises en place progressivement, presque imperceptiblement. Ce que je prenais pour de l’immobilité était en fait une croissance très lente, trop lente pour que je puisse la distinguer, mais aussi réelle que la nouvelle branche de mon cactus ou la progression du soleil.

Je veux apprendre à changer mon regard sur mes circonstances et celles de ceux qui m’entourent, pour y discerner le rythme de Dieu. C’est ce rythme dont me parle la nature autour de moi, le rythme du Créateur.

Celui qui fait jaillir la vie d’une petite graine qui semble morte.

Celui qui fait invariablement bourgeonner les arbres après le silence de l’hiver.

Celui pour qui aucune situation n’est désespérée, mais qui fait concourir toutes choses pour notre bien, Il l’a promis.

2 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *